« Je n’invente rien. Mais j’ai conçu un espace qui s’il n’est pas des plus étonnant me permet d’être au moins plus sincère avec le monde. » James Px.

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20 nov. 2015

Essai 22H32


L'homme politique bien assis
Avant d'aller courir 
Dans son parc paysager par Le Nôtre
A ce don 
Celui de ne pas voir tout de suite 
Pour conserver son absolutisme  
Le mal ronger nos libertés 
Chaque jour un peu plus
Ne pas dire les choses 
Comme elles doivent être combattues
Le jeu de satisfaire sans cesse sa majorité
En lui doigtant monts et merveilles 
Sur un ton solennel

A tué

Tue

Tuera demain

N'est-ce pas à chaque fausse note 
Que l'homme grandit
De Charles Martelle à De Gaulle
Parce qu'il a essayé et parfois réussi 
À franchir l'inimaginable symphonie barbare
Même si certains soleils l'encouragent
À brûler un peu plus de calories
À voir plus loin que son mandat 
Démocratie où es-tu
Ce soir mon visage est si livide
Mes veines appellent au secours
Et pourtant je suis sain et sauve
Et si coupable de n'être qu'un écrivaillon

Alors 
Lorsque Michel Houellebecq met son génie 
Dans une gerbe ses sept déclarations
Sur sa propre tombe 
Sous l'œil collaborateur de son éditeur
Voilà encore un avorton qui prend son cerveau 
Pour l'empire de la débauche
En essayant de baiser blanche neige
Dans d'autres temps 
Le duel finissait mal
Comme le roitelet sur son siège 
Ne peut pas jouer sans cesse
Avec l'argent de la princesse
Sans jamais la faire jouir
Un jour il va falloir en tirer les leçons
Le peuple n'a plus la guillotine 
Elle est morte un jour de septembre
Le jour de ma rentrée en sixième
Dans l'insouciance qui caractérisait ces années
Au temps où le salaud avait un code d'honneur
Celui d'épargner les enfants et les vieillards
Un temps où la culture faisait de l'homme 
Autre chose qu'un accident de la nature
Comme a écrit Tadeusz Rozewicz 
« La poésie de nos jours est une lutte pour respirer » 
Cette phrase ne met plus étrangère
Et si proche de mon cœur

Mais ce soir 
Est-il encore possible d'écrire sur l'amour

Mon combat commence là 
Où la lumière n'a pas de frontière 
Là où la vérité n'a pas besoin d'un sceau
Pour remplir le monde d'égalité
L'homme libre a le don 
De voir tout de suite 
Où il souhaite mourir
Et je l'aperçois au bout de la nuit
Là où j'attendrai mes amours 



*

16 nov. 2015

Bloody Paris

J'ignore 
Quelle tronche peuvent avoir ces AK-47
Dans le ciel noir de Paris
Tous ces brûleurs de liberté
Je les imagine 
Sous le trait d'un pauvre type
Qui a flingué la vie 
Parce qu'elle était là 
Vive et sans lui

Ces pourritures m'ont perforé les deux bras
Et noyés mes frères avec mon sang
If i was a god 
We'd have to move

L'histoire est un perpétuel recommencement
Dans le désordre
Omaha Beach sous la pluie
Les fleurs repoussent
Et les croix blanches poussent
Des Bouzigues à même le comptoir
Entouré de mes amis
Paris brûle-t-il
Bataille du pavé des martyrs
Victoire des chevaliers des royaumes francs
La profondeur d'un Graves
Entre Bichat et Alibert
Le frisson d'un vrombissement
J'entends mon grand-père chialer
Boulevard Voltaire
L'ivresse d'un feu d'artifice
Mes chrysanthèmes résistent 
Encore du cochon dans la basse-cour
Gay de jolies bulles dorées
Crache le sang
Oasis kamikazes
Le petit prince est mort dans le désert
Le lâcher-prise absolu d'une nuit
Kings of the Kalachnikov
Oppressante monstruosité
Et drapeau noir
Dansent sur de la funk en toutes circonstances
L'Aubrac et son apaisante immensité
Le fou rire de mes garçons
Le hurlement assourdissant des autres
Une vierge flottant sur la mer morte
Une autre
La gorge enfoncée dans le sol du Bataclan
L'art sous toutes ses formes
Métal hurlant
Un piège à rat
La lueur d'une bougie
Le délire sans limite 
D'une soirée d'outre-tombe
L'odeur d'une bière orpheline
Les palpitations de l'inattendu
Tant de choses à partager
D'horreur absolue 
Et de beauté assassinée

Ma tête éclate
Je reviens à moi
Deux exigences
Seulement du vrai
Toujours du respect
L'art n'a rien à voir avec la morale
L'absurdité à tout à voir avec ses ordures
Notre sol doit maintenir vivante la vie

Si j'étais poète
Il faudrait que je remue-méninge
Je suis Paris