« Je n’invente rien. Mais j’ai conçu un espace qui s’il n’est pas des plus étonnant me permet d’être au moins plus sincère avec le monde. » James Px.

.

.
Je suis Paris Bruxelles Nice Berlin Afrique Moyen Orient Je suis monde Je suis en vie Je suis ici

12 sept. 2014

Microblogage d'une révolution

Blogger me signale trente huit abonnés
Et une vingtaine de disparus
Facebook soixante 
Et j'attends le soixante et un
Twitter est absent de mes gazouillis
Pourtant j'aime bien le petit oiseau bleu
Mais je suis trop bavard
Chaque tweet publié est limité à cent quarante caractères
Il contraint l'utilisateur à être un éjaculateur précoce
De la langue de Molière 
Ou de celle de Michel Houellebecq
Ce qui est le plus probable
Ne pas confondre avec Danny Welbeck
Un mouton qui court après un ballon

« Où est-ce que je suis
Qui êtes-vous
Qu’est-ce que je fais ici
Emmenez-moi partout…»

Et si je lui plumais le bec et le bec
Ou la queue et la queue
Pour dire que Mimi aime tweeter pour la presse Belge

« Les morts sont habillés en bleu
Et les Bleus habillés en morts
Toujours un endroit où il pleut,
Pas de vie au-delà des corps… »

Google+ quarante cinq cercles rouges
Me suivraient dans l’ombre
Contre cinq en plein soleil
Près d'un million deux cent milles passages
Au pied de mon lit et aucun survivant
Toute ma vie j'ai voulu être
Comme celui qui est devant moi
Je me lève et je le salue
J'ai toujours voulu être dans sa lumière
Toute sa vie il a voulu être plus petit
Il se baissait et se voûtait
Il a  toujours voulu être dans l'ombre 
Il a réussi enfin presque 
Tu parles de Michel Houellebecq
Non de dieu
Il a de l’humour de l’humour noir
Ce qui résiste le mieux sur terre
C'est la tristesse
Pourtant le comique est parmi nous
Ce qui résiste le mieux sur internet
C'est la solitude
Pourtant la foule est devant nous

Rappelons-nous qui nous sommes
Là se tient une clé sans serrure
Un trou une toile d'araignée
Un poisson rouge dans son bocal
Une cougar dans une Ford mustang
Un portable déchargé
Le vertige de la domination
Le besoin d'être au-dessus de la mêlée
De maîtriser en vain amour et douleur

Et il y a cette musique

Un mas isolé quelque part en Provence
Si froid l'hiver si chaud l'été
Une plume clouée au-dessus de la porte
Indique l'encre noire qui coule sur les murs
Badigeonnés à la chaux
Où en catimini les portraits changent 
Et partout de la fine poussière
Où le temps égrène la réflexion
Sur le bahut une poésie d'Anna Akhmatova
Où ses lettres d'amour
Jaunissent et s'abîment
Cette chose qui occupe ma place à moi
Je ne la connais pas
Mais j'efface une larme
Au bord de mes paupières
Et referme la porte

Je n'ai pas encore saisi cet acharnement
Je dois vraiment les emmerder
Ah le modérateur quel crétin
Un avorton de la pluie et du beau temps 
Un poinçonneur de papier toilette
Imbibé d'eau de Cologne de chez Tati
Juste un règlement de compte

On imagine on échafaude on théorise
Et puis il faut confronter tout cela à la réalité
C'est à ce moment-là que les poètes bâtissent des révolutions
S'accrochent à la muse de chair ou d'air
Presque tous les poètes en ont besoin
Des révolutions tout droit sorties des laboratoires
Que se passera-t-il demain
Pour le savoir vivons l’expérience d'une révolution

Choisissons la nôtre et ouvrons les portes

9 commentaires:

  1. on théorise comme on terrorise ;;;tout en avançons la bêtise humaine encore se précise qu'on le dise
    sourire
    b journée

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Mon fils a un parfum de paix
      quand je me penche sur lui...

      Supprimer
  2. Les insensés resteront des insensés
    Le monde tourne avec eux et par eux du moins ils le croient

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne crois plus à l'homme providence
      et je n'approuve pas le bashing
      si les fondations ne sont pas solides
      La solution est collective
      si l'on reste libre de ses gestes
      Oui absurde
      Mais c'est ça qui donne de l'espoir

      Bon week-end

      Supprimer
  3. Heureusement qu'on est libre et qu'il nous reste l'espoir!
    quel texte...C'est fort
    Merci A
    Sourire
    bonne journée

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Une sémantique satirique
      sur les nouveaux moyens de communiquer
      ou de non communiquer
      ou les moyens de se dévoiler
      en s'isolant du monde
      pour éviter les baffes...
      enfin chacun voit
      et comprendra ce qu'il veut...

      merci !

      Supprimer
  4. https://www.youtube.com/watch?v=DdLehwjV4pc

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Vive le crabe
      Je lui serre la pince...
      Je reste muet l'assemblée est sourde

      Supprimer
    2. Il faudrait créer des sièges valsant au sein du grand isoloir pour que le chant de l'oreille reste libre d'écoute.

      Supprimer