« Je n’invente rien. Mais j’ai conçu un espace qui s’il n’est pas des plus étonnant me permet d’être au moins plus sincère avec le monde. » James Px.

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Je suis Paris Bruxelles Nice Berlin Afrique Moyen Orient Je suis monde Je suis en vie Je suis ici

25 sept. 2014

Rapport linguistique improbable (Esquisse)


Je viens de voir sur Pinterest
Une image intelligente
« Entre ma personnalité et mon attitude
Ma personnalité est qui je suis
Et mon attitude dépend de qui vous êtes »

Let that be a warning to you
Vous ne pouvez pas me parler Français
Ou Breton Picard Corse Basque Alsacien
Et j’en passe et du curare
Que cela vous serve d'avertissement
Même si je zozote Papy fait de la résistance
En langues d'oïl d’oc et de si avec mamie
Assise entre Frédéric Mistral et Jules Mousseron
Où est-ce que t'as mis les raviolis
On s'en fout j'ai les mêmes à la maison
Dans l'armoire Normande
Entre Cafougnette et Tartarin

Bon on reprend pour le Savoyard
Annexé en 1860 par hasard
Quelques morts à Thônes
Un chicken legs frites et coca
Sauce barbecue sans laitue vireuse
Pour l'Auvergnat
Et n'oublie pas maman
Je n'aime pas la terre dans les pissenlits
Mais en abondance le lard fumé

Dis-moi langue Corse
Tu veux une île flottante au beurre salée
Avec un pin de glace du Groenland
Qui fond sous nos yeux
Ou pour en finir
Un pain en plastic bien dosé
Monta a sega
Je n'aime pas les surprises
Trop tard regarde c’est la banquise
Fuck un bébé dans ta soupe de châtaignes
U stragneru

Dis-moi langue Alsacienne
Tu veux  un kougelhopf au beurre noir
Ou un pain d’épices
Contre l’arbre de Noël de ma mère
Usse fix
Inne nix
Je n’aime pas le sucré avant la Saint-Nicolas
Trop tard regarde c’est Saint-François
Le roi des Huns sans être Franc
Et des autres fainéants

Il s’est pendu à ses Basques
En sautant sur un sapin chauve
Avec son béret vert
Asto bat bezala txapel bat janzten zituen
Il le porte comme un âne Corrézien
Avec les oreilles collées sur le Front
Dans l’hémicycle des convoyeurs de fond
Allo Cahuzac non c’est Thevenous
Encore où as-tu mis la petite coupure
Au chaud sous le cul de l'avocat
Lequel celui de Gilbert Colin-Maillard
Niché en haut du perchoir maître corbeau
Solennellement nous dit pas vu pas pris
La France aux Français
Je ne dirai rien et rien compris
Je ne suis pas autoritaire
J’ai juste de meilleures idées

Et Cohen
Ben dis-moi quelque chose
Tu tires ou tu pointes sur l'émirat désunis
Le vaisseau mère attend la solution finale
Das ist nicht verrückt
Et un Perrier pour la dernière bulle financière
Pour un ancien Grouchot marxiste de la barricade
Tu as fini sur le trône d'Europe 1 après celui de Bruxelles

Comme je me faisais un sang d’encre
Avec ce monde devenu numérique
J'ai cloué un missel à ta porte
Pour ton héritage musical et poétique
Avec un saphir en plastique
Mais ton Judas m'a encore pendu
Avec les lauriers de Dante
Entre les toilettes d'un euro septique
Et un pékin de 北京
Du chou gras de Bruxelles au chou chinois
Avant que le messie me sauve de ce mystère
Par delà le dernier empereur
Je vous dois combien
Pour le cure-dent de mon lapin crétin
La paille et le milk shake banane

Dites-moi à la fenêtre
Alain Finkielkraut déjeune bien avec Michel Serres
Le monde est devenu pervers
Non numérique
Et amnésique

Have you read that book
T’as gueule je suis malentendant

*

Merci à
Saint-François et Saint-Nicolas
Dante
Frédéric Mistral et Jules Mousseron
Gilbert non pas Danièle mais Collard
Colin-Maillard
Noël Mamère
Mamie et Papy
Maman
La banquise du Groeland
L’armoire Normande
Grouchot Marx
Perrier
Cahuzac et Thevenous
Aux choux de Chine et de Bruxelles
L’empereur
Judas
Et aux morts de Thônes pour le non au rattachement de la Savoie à la France
Aux langues régionales et à leurs fromages
Aux oublis qui ne sont pas innocents

18 sept. 2014

L'interview bis repetita placent

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ?
On écrit parce que l’on a cette boule dans le ventre et pour qu’elle éclate à la lumière avec les yeux de l’esprit, on se déshabille. 
Au départ avec légèreté et franchise, pour ensuite se jouer du vrai et du faux, du réel et de l'irréel.
Et il y a le temps. 
Ce temps qui court et qu’on aimerait ralentir dans le hasard d’une opportunité.
Écrire plutôt que peindre, seul sur son île avec un portable relié à mille et une vues, à mille ondes, à internet. 
C’est décidé, on écrit.

Et à quand remonte cette libération ?
Je ne crois pas que c’est une libération, mais plutôt un emprisonnement à ciel ouvert dans lequel vivre sans voyager est impossible, où s’exprimer sans parler est possible.
Ma passion de l’écriture est récente. Depuis que je ne peins plus. C’est une alternative.
J’ai toujours aimé m’évader dans l’imaginaire. 
Chaque fois qu'un homme invente ou crée, un grand éclair poétique jaillit. Je n'aime pas être spectateur, je préfère être dans l'éclat.

Vous écrivez le matin, le soir, la nuit ?
Je suis libre.
Entre toutes les banalités quotidiennes que chacun connait comme le matin je me brosse les dents, le soir aussi. 
La nuit je rêve. 
Et si l'idée me précède, j’avance dans le noir pour chercher la cadence de ses pas qui s’accélère. Je cours devant de plus en plus vite et me voilà prêt face à l'écran, à tout ce que j'ai déjà écrit, à ce qui me reste à écrire.

Suivez-vous une organisation précise pour planifier vos séances d’écriture ?
Non. 
Improvisation totale, l’écriture s’invite lorsque j’ai quelque chose à dire. 
La seule contrainte si l'idée fuse est de la noter avant de la développer plus tard.
Mais je n’ai pas besoin de forcer le trait…

Qu’elles sont vos sources d’inspirations ?
Elles sont autour de nous.
Du glacier à l’océan, chaque instant recèle sa poésie. Il suffit d’être attentif en suivant le cours d’eau.

Quel est votre prochain challenge ?
Je n’aime pas le mot challenge. 
Derrière ce mot se cache un côté compétition et la poésie n’est pas une compétition, c’est une raison, une raison d’être et de partage. 
Et pour partager, j’aimerais lier le mot à la scène, à la sculpture, à la peinture, sortir mes vers d’un carquois parfois sibyllin pour les mettre à la portée et vue de tous.
Vers des gens qui ne lisent jamais de poésie ou qui pensent qu’elle est inaccessible ou ringarde.
Aujourd'hui l'homme en crise a besoin de la poésie, elle doit être intrinsèque à son bonheur et le ciment des « sans abris ».

Que pensez-vous de l’édition numérique ?
L’édition numérique est un virage incontournable. Le livre numérique est une simplification d’échange entre l’auteur et le lecteur. Mais pour moi le livre reste avant tout une histoire d’amour et d’odeur, pour résister, l’édition papier doit être sensuelle, un livre d’art qui ne peut pas être abandonné. Croire que les livres n’ont plus de place, c’est comme avoir cru que l’on arrêterait de peindre lorsque la photographie est apparue, au contraire, il est né de cette apparition l’art moderne… Le numérique est l’avenir, un tremplin pour tous ceux qui ne lisent pas de poésie. Et lorsque l'on finit par aimer, on est prêt à tout, à acheter un livre papier pour l’avoir sous les yeux le jour j…

Comment imaginez-vous l'avenir de l'édition en France ?
Aucune idée.
Je ne suis pas dans le circuit.
Je suppose comme tout ce qui est bas de gamme et « numérisable », le livre papier deviendra une exception bien qu’il soit plus pratique dans beaucoup de domaine, comme lire à la plage avec une tablette, c’est impossible. De toute façon le beau livre, celui qu’on aime et qui demande un savoir faire particulier sera toujours disponible... Même si le lecteur devient de plus en plus rare, il reste l’amour du livre, au pire ses amis sa famille et l'auteur… Pour vivre heureux, vivons cachés.

Des auteurs de références ou que vous aimez qui influencent  votre écriture ?
À la fois tous et aucun. Je ne suis pas ce que l’on appelle un fan en plus, je n'aime pas vraiment lire ! Enfin lire des romans ou des essais… Des choses longues.
Ce n’est pas de la paresse ni un manque de curiosité mais de l’impatiente ou d’attention.

Est-ce un comble pour quelqu'un qui aime écrire ?
Je ne sais pas, si ce n'est que la vie m'influence plus que les auteurs.

À travers vos écrits quel message souhaitez-vous véhiculer ?
Lorsque j'écris je ne me pose pas cette question car je n'ai aucune prétention, je ne suis pas un intellectuel juste un manuel qui cherche les clés pour ouvrir les portes qui m’interpellent. L'amour est sans doute le dénominateur commun de mes textes comme toutes ses questions existentielles que l'on se pose sur soi et le monde.

Vous êtes plutôt chien ou chat ? Fraise ou chocolat ? Thé ou café ?
Je suis chien loup sous l'étoile du berger, chocolat noir avec éclats et café éclair dans un nuage de lait.

12 sept. 2014

Microblogage d'une révolution

Blogger me signale trente huit abonnés
Et une vingtaine de disparus
Facebook soixante 
Et j'attends le soixante et un
Twitter est absent de mes gazouillis
Pourtant j'aime bien le petit oiseau bleu
Mais je suis trop bavard
Chaque tweet publié est limité à cent quarante caractères
Il contraint l'utilisateur à être un éjaculateur précoce
De la langue de Molière 
Ou de celle de Michel Houellebecq
Ce qui est le plus probable
Ne pas confondre avec Danny Welbeck
Un mouton qui court après un ballon

« Où est-ce que je suis
Qui êtes-vous
Qu’est-ce que je fais ici
Emmenez-moi partout…»

Et si je lui plumais le bec et le bec
Ou la queue et la queue
Pour dire que Mimi aime tweeter pour la presse Belge

« Les morts sont habillés en bleu
Et les Bleus habillés en morts
Toujours un endroit où il pleut,
Pas de vie au-delà des corps… »

Google+ quarante cinq cercles rouges
Me suivraient dans l’ombre
Contre cinq en plein soleil
Près d'un million deux cent milles passages
Au pied de mon lit et aucun survivant
Toute ma vie j'ai voulu être
Comme celui qui est devant moi
Je me lève et je le salue
J'ai toujours voulu être dans sa lumière
Toute sa vie il a voulu être plus petit
Il se baissait et se voûtait
Il a  toujours voulu être dans l'ombre 
Il a réussi enfin presque 
Tu parles de Michel Houellebecq
Non de dieu
Il a de l’humour de l’humour noir
Ce qui résiste le mieux sur terre
C'est la tristesse
Pourtant le comique est parmi nous
Ce qui résiste le mieux sur internet
C'est la solitude
Pourtant la foule est devant nous

Rappelons-nous qui nous sommes
Là se tient une clé sans serrure
Un trou une toile d'araignée
Un poisson rouge dans son bocal
Une cougar dans une Ford mustang
Un portable déchargé
Le vertige de la domination
Le besoin d'être au-dessus de la mêlée
De maîtriser en vain amour et douleur

Et il y a cette musique

Un mas isolé quelque part en Provence
Si froid l'hiver si chaud l'été
Une plume clouée au-dessus de la porte
Indique l'encre noire qui coule sur les murs
Badigeonnés à la chaux
Où en catimini les portraits changent 
Et partout de la fine poussière
Où le temps égrène la réflexion
Sur le bahut une poésie d'Anna Akhmatova
Où ses lettres d'amour
Jaunissent et s'abîment
Cette chose qui occupe ma place à moi
Je ne la connais pas
Mais j'efface une larme
Au bord de mes paupières
Et referme la porte

Je n'ai pas encore saisi cet acharnement
Je dois vraiment les emmerder
Ah le modérateur quel crétin
Un avorton de la pluie et du beau temps 
Un poinçonneur de papier toilette
Imbibé d'eau de Cologne de chez Tati
Juste un règlement de compte

On imagine on échafaude on théorise
Et puis il faut confronter tout cela à la réalité
C'est à ce moment-là que les poètes bâtissent des révolutions
S'accrochent à la muse de chair ou d'air
Presque tous les poètes en ont besoin
Des révolutions tout droit sorties des laboratoires
Que se passera-t-il demain
Pour le savoir vivons l’expérience d'une révolution

Choisissons la nôtre et ouvrons les portes